Quatre mois à Kerguelen

Quatre mois à Kerguelen

Bonjour moussaillon,

Deux mois depuis le dernier article, on ne change pas de « bonnes » habitudes… Je vais tenter de rattraper tout ça. Nous sommes bientôt au milieu du mois de Janvier, le Marion arrive très bientôt pour OP0. La flottille de KER n’a pas grandi et certains programmes scientifiques se retrouvent de ce fait dans l’incapacité d’être réalisés comme prévu. Il y aura des départs anticipés.

Zodiac amenant les partants d'OP0 sur le Marion
Zodiac amenant les partants d’OP0 sur le Marion

Qui dit OP, dit soirée d’adieux, c’est bien une chose à laquelle on ne manque pas. Un thème particulier et un style capillaire qui va avec. Le Marion est là, l’hélicoptère non, c’est une campagne océanographique de l’IPEV. L’embarquement se fait en zodiac, suivi d’une acrobatie à l’échelle de corde, il faut mériter sa place à bord !

Le Marion avec son échelle de corde lors d'OP0
Le Marion avec son échelle de corde lors d’OP0

Malgré les obstacles, tout ceux qui doivent regagner le Marion, y sont parvenu sans encombre. C’est au port pétrolier au sud de la base au plus proche du Marion que nous faisons nos derniers adieux à ces amis des derniers mois. Depuis l’arrière de la fourgonnette jusqu’au pont supérieur du Marion, les blagues fusent à la radio.

Le paradis de Pointe Suzanne

A Pointe Suzanne, il y a des éléphants de mer, des otaries, des bébés otaries, des manchots empereurs, des manchots papous, des pétrels géants, des albatros fuligineux, des grands albatros, des cormorans de Kerguelen et sûrement plus. Un vrai paradis surtout que la météo était excellente.

La cabane de pointe Suzanne
La cabane de pointe Suzanne

Ce petit séjour à Pointe Suzanne c’était pour l’étude de la mue des éléphants de mer. Pose de balises argos, transec, et suivi quotidien de certains individus. De quoi bien occuper les journées, mais j’ai tout de même eu un peu de temps pour faire des photos. Alors profitez.

Craquou ou pétrel géant
Craquou ou pétrel géant
Éléphant de mer jouant avec les vagues
Éléphant de mer jouant avec les vagues
Pétrel géant en plein vol devant le bungay
Pétrel géant en plein vol devant le Bungay
Manchot papou avec un regard perdu, digne d'un manchot
Manchot papou avec un regard perdu, digne d’un manchot
Goéland dominicain sur une crête rocheuse
Goéland dominicain sur une crête rocheuse

Le désert de Morne

Première sortie avec les Ecobio, tic et tac de leur surnom. Les Ecobio ont pour mission de surveiller l’évolution de la petite faune et de la flore de Kerguelen. Pour cela, ils parcourent l’île dans tous les sens à la recherche de nouvelles espèces. On dit de mauvaise langue que sur le terrain on ne voit que leurs fesses qui dépassent de la végétation. En parallèle ils mènent des expériences en continu sur la base. Tout un programme.

Moi devant le désert de Morne (Photo : Mateo)
Moi devant le désert de Morne (Photo : Mateo)

Je suis donc parti en compagnie de ces deux Ecobio pour faire le bilan annuel de l’érosion dans le désert de Morne. Transec de végétation au programme. Cela consiste à vérifier tous les ans sur une même ligne 50 cm par 50 cm le pourcentage de chaque espèce de plantes. Un travail minutieux où la patience est une bonne alliée.

Vie en cabane

Comment parler des cabanes sans parler des repas en cabane. Alors en cabane on mange quoi ? L’IPEV ravitaille par hélicoptère les cabanes durant les OP. Ce sont des produits qui se conservent tel que des céréales, des sauces, de la farine et des conserves. En plus à chaque départ en manip, on demande des produits frais à la cuisine, tout dépend des stocks et avant les OP il n’y a généralement plus grand-chose. Quand on a de la chance, on peut recevoir des carottes, pommes de terre, oignons, ails, fromage, beurre et viande. En ce moment on doit se contenter de beurre…

Une des chambres de pointe Suzanne
Une des chambres de pointe Suzanne

Ensuite la créativité culinaire de chacun prend forme, burgers végétariens à base de lentille, pain maison, pancakes au jus de pois chiche, houmous. On mange bien à condition de ne pas être flemmard. Il y a tout de même une tendance à manger une grande assiette de pâtes en arrivant de transit.

Toujours une vie sur base

Et oui, j’ai beau toujours écrire sur les jours de manips, je passe quand même la majorité de mon temps sur base. D’ici on oublie beaucoup de choses sur la vie en métropole, on est un peu coupé, mais les nouvelles importantes arrivent tout de même. Un journal est imprimé quotidiennement et mis en libre-service à Totoche, les résultats sportifs sont diffusés à mi-voix au cas où le match serait projeté prochainement et les nouvelles du monde envoyées par la famille ou les amis ne prennent pas long à faire le tour de la base.

Soirée thé au L10, le bâtiment où je vis
Soirée thé au L10, le bâtiment où je vis

La vie est aussi rythmée par les allées et venues des bateaux. Entre OP0 et OP1, le Nivôse, bateau militaire patrouillant dans la zone a, par exemple, fait escale quelques jours en février. Des visites sont organisées, des marins descendent en permission se reposer. C’est l’occasion de découvrir de nouvelles choses et de varier les sujets de discussions.

Le corps médical de Kerguelen, est composé du bib et du bibou et de tous les volontaires. Ces derniers reçoivent une formation globale et une ou plusieurs « spécialisations ».  Pour ma part je suis aide-anesthésiste et technicien. Samedi dernier exercice grandeur réelle, brancardage, pose de perfusion (pour de faux), prise de sang, tests médicaux et préparation du bloc opératoire. Un exercice utile, impressionnant et intéressant que l’on espère ne jamais avoir à mettre en pratique.

Réseau d'antenne du programme Superdarn
Réseau d’antenne du programme Superdarn

Pour ce qui est de mon boulot sur base, cela viendra dans un prochain épisode durant le long hiver car oui : « winter is coming ».

Bientôt à Kerguelen

Comme j’ai pris pour habitude de n’écrire des articles que très rarement, je vais un peu « spoiler » les événements des prochains jours. On est au milieu du mois de Mars, et c’est bientôt OP1. Qui dit OP1 dit début de l’hiver. C’est le départ des derniers campagnards d’été, d’une partie de la log IPEV et le renouvellement du personnel de cuisine et des infras. Mais avant tout ça j’ai une belle manip à Ratmanoff de prévue.

A bientôt moussaillon,

Yoann

Un article, vraiment  ?

Un article, vraiment  ?

Ne croyez pas que je vous ai oubliés   ! Les jours s’enchaînent et le temps libre sur base se fait rare depuis le dernier article. J’avais à l’origine prévu d’écrire sur Ratmanoff, cap à l’Ouest de la péninsule Courbet où je m’étais rendu pour ma première manip. Depuis j’y suis déjà retourné deux fois et beaucoup de choses se sont passées. Je vais donc faire un petit retour en arrière et revenir sur les événements. Commençons par le brouillon de l’article originellement prévu.

Les manchots de Ratmanoff

«
·    BCR, BCR de fusoff sur le 27.
·    Oui, BCR à l’écoute sur le 27.
·    On part, Manon, Yoann et moi en direction de Rat. On devrait arriver dans 7h30.
·    C’est noté. Bon transit.
»

Et c’est parti pour 6 jours en cabane, on est le 23 novembre 2016. Je pars avec Camille et Manon à Ratmanoff une cabane située à l’ouest de la péninsule Courbet. But de l’expédition, «   transponder   » des manchots royaux et installer le matériel permettant de les détecter automatiquement. C’est ma première manip depuis mon arrivée à Kerguelen.

Le transit, c’est le doux nom du langage Taafien donné aux randonnées entre cabanes. Il s’agit en fait plus d’un trajet logistique que d’une randonnée de loisir, cela n’empêche pas, bien entendu de profiter du paysage. Le transit PAF-RAT (Port-aux-Français vers Ratmanoff) fait 28 km, c’est un des plus longs sur la péninsule. Le paysage est extrêmement plat, la vue est donc très dégagée et change rarement. On a souvent l’impression de ne pas avancer. Lacs, étendues de rochers, mousse à perte de vue et bien entendu les souilles, ces terrains marécageux, boueux nous accompagnent durant le trajet. Le tout est continuellement balayé par le vent qui forme sur les lacs de l’écume et rend le transit un peu plus éprouvant.

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Regroupement d’éléphants de mer près de la cabane de Ratmanoff

Ratmanoff, en plus d’être un cap, c’est une colonie de manchots, la plus grande de Kerguelen. Environ 300   000 individus se reproduisent tous les ans sur cette plage. Alors quand on réalise ce qu’il y a devant nous, ça coupe le souffle   !

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Passage d’un grain en soirée à Ratmanoff

Bateau, pas bateau, bateau, pas bateau, etc…

Entre les manips c’est la vie sur base qui rythme les journées et depuis notre arrivée, la flotte de Kerguelen a connu des jours meilleurs. Il faut tout d’abord savoir qu’une grande partie des manips scientifiques se font sur les îles du golfe en face de la base, le vent fort et les vagues ne permettent pas à une petite embarcation de naviguer.

Les îles du golfe du Morbihan lors d'une journée calme
Les îles du golfe du Morbihan lors d’une journée calme

En temps normal la base possède un chaland, bateau à fond plat, qui permet de se déplacer sur les îles sans trop de restrictions. Il a malheureusement rompu les amarres et terminé sur les rochers en face de la base début septembre. Depuis les sorties se faisaient de manière dégradée via le Commerson, sorte de gros zodiac. Autre raison, mais résultat identique   : bateau hors service… C’est enfin au tour de la Curieuse d’entrer en scène, bateau loué pour la campagne d’été. A peine arrivée et déjà des problèmes… La flotte de Ker vit des jours sombres. Et les manips scientifiques vivent dans l’incertitude du planning toujours changeant s’adaptant aux conditions.

OP4 à aujourd’hui

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Quelques cailloux durant le transit vers Cataractes

Après cette parenthèse sur la flotte de Ker, revenons à nos moutons. OP4 c’est le départ des anciens, la fin de la passation et les adieux aux campagnards d’été, arrivés avec nous à OP3. Mais c’est aussi l’arrivée des colis et des lettres   ! C’est un peu comme Noël, ça tombe bien, on était juste avant Noël. Pour ma part j’ai été gâté avec deux beaux colis   ! A peine le temps de les ouvrir, je repars à Ratmanoff en hélico avant la fin de l’OP, le retour se fera à pied. Deux jours sur base, je rattrape tant bien que mal le retard et je repars pour un tour de la péninsule Courbet. Le but est double, aider les ornithos dans leurs manips et réparer une station météo située près d’une cabane. Retour prévu le 31 décembre.

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Vue sur la rivière Cataractes depuis la cabane

C’est donc à Cataractes que j’ai passé la soirée du 24 décembre, en compagnie de Samuel et Meuhmeuh. Repas simple, les produits frais sont à porter dans les sacs, alors on limite un peu. Levé 5h. le 25 au matin, il va faire mauvais dans la journée, en partant tôt, on peut essayer de passer entre les gouttes. Bien tenté, mais c’est un échec cuisant. Quatre heures de transit sous une pluie épaisse, seule motivation sur les derniers kilomètres   : le thé à l’arrivée. Noël n’aura pas été du repos habituel. On se rattrapera au nouvel an.

Colonie de Gorfou Macaroni à Cotter
Colonie de Gorfou Macaroni à Cotter

Bonne année à toi !

Kerguelenement,

Yoyo

Terre en vue : OP3 à Kerguelen

Terre en vue : OP3 à Kerguelen

Cher matelot,
Le 15 novembre 2016 après 11 jours en mer, nous arrivons en vue des îles Kerguelen, terre d’accueil des campagnards d’été et hivernants que nous sommes. Un caillou, une île, ou plutôt un archipel balayé continuellement par un vent d’ouest. Du soleil, de la grêle, de la pluie, les 4 saisons s’enchaînent en l’espace d’une journée, bienvenue à la maison. La majorité des hivernants auront la chance de débarquer le soir même, je suis dans le dernier hélico. A peine débarqué, nous recevons un accueil des plus chaleureux par les VAT de la 66, ils sont là à nous attendre, déguisés et avec des crêpes !
’Arrivée à Kerguelen, golfe du Morbihan’

De nouvelles têtes, une nouvelle chambre, une base scientifique, une société. C’est parti, découvrons ce nouveau mode de vie. Visite guidée de la base avec Aurore, Geophy de la 66, c’est le début du mois de passation. Entre OP3 et OP4 (environ 1 mois), elle devra me présenter toutes les facettes pratiques de la vie sur Kerguelen ainsi que les travaux à réaliser sur les programmes scientifiques dont j’aurai la charge.Une grande partie de mon travail se fera à Geophy, bâtiment situé à 4 km du reste de la base. On y accède en voiture via la route 66.
’ Base de Port aux Français vue depuis la route 66’

Evénement d’exception durant l’OP3, Annabelle et Shazam, hivernant de la 66 comme mécano de la flottille, ont célébré le 4ème mariage de Kerguelen. Cérémonie à la mairie, gâteau de mariage, et une soirée d’exception.
’ Les 4ièmes Mariées des Kerguelen’

Le lendemain, c’est déjà le départ du bateau, une fin d’OP rime malheureusement toujours avec adieux. C’est donc tous ensemble, anciens et nouveaux hivernants, que nous avons regardé le Marion s’en aller doucement. Quelques blagues à la radio et nous voilà seuls sur notre rocher.
’Ma chambre en bazar à la réception de mes cantines’

Il est temps de s’installer, je déballe mes cantines, retrouve mes effets personnels envoyés deux mois auparavant. Les cantines sont à peine vidées qu’il est déjà l’heure de repartir. Je m’en vais quelques jours à Ratmanoff, une cabane située sur l’Ouest de l’île.
Le temps de rédiger cet article, je suis déjà revenu… L’article suivant ne saurait tarder !
A bientôt matelot !

Escale à Crozet

Escale à Crozet

Cher moussaillon, Le forum, seul lieu d’activités le soir, fait le plein tous les jours après le dîner. Le choix de boissons est grand et les jeux variés. La soirée du 8 novembre a été particulièrement mouvementée; deux raisons à cela, les vagues qui d’un côté puis de l’autre entraîne toute chose mobile et l’arrivée imminente au district de Crozet, première escale du Marion. Cette soirée est en quelque sorte la soirée d’adieu aux hivernants de Crozet, hivernants avec lesquels, on a partagé formations et voyage. A bord du Marion, nombreuses sont les choses dépendantes de la météo. L’arrivée était prévue pour 4h00 le 9 novembre. Nous aurions dû faire une première dépose de matériel à Pointe Basse, cabane se situant au nord-est de l’île. Le vent soufflant à plus de 40 nœuds (environ 80 km/h) à 5h00, heure du lever de soleil et le transfert du fret se faisant en hélicoptère, l’opération a été annulée. A mon réveil, 6h00 du matin, le Marion se dirigeait donc vers la base Alfred Faure. Quel spectacle de découvrir une terre après 5 jours en mer. L’île de la Possession du district de Crozet offrait sa splendeur aux lève-tôt curieux, venus admirer les couleurs du soleil levant. Une image et un sentiment magnifique !

Première image de Crozet, à 6h00 au réveil

L’île de la Possession réserve ses surprises, elle a tout un tas d’arguments dans sa poche. Après deux jours d’attente sur le bateau, c’est à ceux partant à Kerguelen d’avoir la chance de descendre pour la journée. Passage au local biosécurité, baptême d’hélico, accueil par le chef de district, c’est parti pour la Baie du Marin. BDM se situe à environ 1,5Km de la base, c’est la plus grande « manchotière » de Crozet. D’abord vient le bruit, ensuite la vue et enfin l’odeur*. Je me tiens là, à moins de 15 mètres d’un manchot, enfin de centaines de manchots. Je me retourne, tiens, un gros rocher … et non c’est un éléphant de mer. Difficile de décrire ce que l’on ressent. Je vais donc laisser les photos parler.

Une infime partie de la « manchotière » de BDM

C’est lors d’une petite sortie vers le mont Branca, situé juste derrière la base que je découvre les paysages rocheux et désertés qu’abrite Crozet. L’avance est lente, le vent souffle fort et nous sommes sur un terrain dégagé. La météo change toutes les demi-heures et c’est autour de la grêle de venir s’ajouter à la partie. Accélérée par le vent, c’est comme des piqûres douloureuses et incessantes. Quelle bonne idée d’avoir apporté ce masque de ski !

Au pied du mont Branca, un paysage rocheux

En face de l’île de la Possession se situe, l’île de l’Est. C’est une île méconnue à la vue des détails sur les cartes marines : « Île toujours recouverte de nuages, sommet entre 1100m et 1200m. », et des relevés du niveau de la mer très irréguliers. L’île intrigue, rares sont les personnes à avoir pu y mettre un pied. On croirait voir une île aux trésors.

L’île de l’Est depuis l’île de la possession lors de la seule journée dégagée

Le bateau devrait quitter le district de Crozet ce samedi 12 novembre 2016. Prochain arrêt Kerguelen.

A très bientôt moussaillon !

* Il parait que ce n’est pas l’ordre habituel, mais le chemin d’approche est assez particulier pour se rendre à BDM. Le vent vient écarter les odeurs et le chemin un peu en contre-bas empêche de voir un manchot proche avant de les entendre.

Cap sur les Kerguelen

Cap sur les Kerguelen

Hola les amis !

Le Marion Dufresne, bateau océanographique français, a quitté le port de la Réunion ce vendredi 4 novembre 2016 vers 15h30 avec à son bord une bande de scientifiques, de VSCs (volontaire service civique) et de logisticiens de l’IPEV prêt à affronter l’océan indien afin de rejoindre les quelques bouts de terres que sont les Terres Australes et Antarctiques Françaises aussi nommé TAAF. Le Marion se trouve actuellement au large de l’Afrique du sud et file à une quinzaine de nœuds en direction de Crozet. L’arrivée à Crozet, première escale du bateau, est prévue pour la journée du 9 novembre. Pour Kerguelen il faudra attendre un peu plus, généralement c’est 10 jours depuis la Réunion.

Marion Dufresne à quai au port de la Réunion.

Tout a commencé en beauté avec une première soirée digne de ce nom, vagues, vent, et assiettes restant pleine à table je ne vous ferais pas de schémas. Les creux faisaient dans les 4 à 5 mètres. Pour ma part j’ai tenu le coup! La mer s’est calmé, nous voilà tranquille pour les formations. Les journées sont bien occupées et en cas de temps mort la salle de sport fait le plein, le forum est envahi par les jeux de cartes et la passerelle occupée par les curieux cherchant à apercevoir la prochaine baleine.

Deuxième journée de navigation, la mer est calme
Deuxième journée de navigation, la mer est calme

Parlons un peu de la vie à bord, je partage avec Clément, le Popchat de Kerguelen, la cabine 3026 sur le pont C juste au-dessus de la ligne de flottaison. Les lits sont superposés, on a un petit hublot, un bureau, une armoire et une petite salle de bain. Réveil à 7h pour le petit déjeuner. Baguette, beurre salé ou doux, confiture, miel, café, thé, jus divers on manque de rien. Le dimanche il y a même des croissants ! La journée continue ensuite avec des formations et/ou des réunions qui commencent généralement vers 9h, ça laisse le temps de s’occuper de ses affaires, trier les photos, envoyer des nouvelles et écrire sur le blog. Une sonnerie, un appel général, c’est le maître d’hôtel qui annonce le déjeuner. Il y a deux services à midi, 11h et 12h, je suis dans le premier. Manger à 11h peut paraître bizarre mais on s’y fait rapidement. Là c’est comme au petit dej’ un vrai repas, entrée, plat, fromages et dessert. Vous l’aurez compris on mange bien à bord du Marion mais encore faut-il être en état pour en profiter !

Cabine très bien rangée...
Cabine très bien rangée…

A la passerelle toutes les heures on croise les ornithos, ils font un comptage des « piafs ». Ce matin deux grands albatros ont été aperçu. Au PC science, QG des scientifiques, il y a toujours du monde qui travaille, c’est un peu l’open-space du bateau. Au forum on croise généralement ceux qui jouent aux cartes, c’est aussi là que se trouve le bar du bateau mais attention il n’est ouvert que de 10h45 à 12h15 et de 17h45 à 22h00. Sur la coursive on retrouve ceux qui se grille une cigarette, ceux qui veulent faire passer leur mal de mer et ceux qui veulent juste prendre l’air.

Instruments de navigations sur la passerelle
Instruments de navigations sur la passerelle

La météo est encore clémente malgré un temps couvert et un peu de pluie ce matin. Les sorties en T-shirt sur les coursives sont encore possibles. Demain ça se gâte, des vagues de 7 mètres et un fort vent sont annoncés. Les discussions sur le « mer calme » et les « patchs anti mal de mer » ont repris, acclimatation naturelle versus effets secondaires des médocs. Pour ma part je vais tester les cacahuètes 🙂 !

A bientôt les amis !

Le commencement

Le commencement

Bonjour l’ami,

Par quoi commencer . C’est surement la question qui revient le plus souvent, enfin surtout la première à pointer le bout de son nez. Dès les premiers jours ce projet est né, la question concernait la lettre de motivation, plus récemment le contenu des malles et actuellement le contenu de cet article.

Commençons par le commencement… Je m’appelle Yoann, je suis j’étais ( je serai ? ) étudiant en microtechnique. Je pars faire un hivernage sur l’archipel des Kerguelen en tant qu’électronicien. J’ai l’intention au travers de ce blog de partager mon expérience, de vous présenter ces lieux dans lesquels j’aurai la chance de vivre durant ces 13 prochains mois. Les articles seront tel un journal de bord présentant les actualités sur la base, donnant des nouvelles à la famille et aux amis. Des articles consacrés à la vie sur place, aux lieux visités, aux animaux de la région et à l’histoire de l’ile fleuriront à la cadence de mon temps libre.

L’aventure a commencé par la préparation des cantines. Et non ce n’est pas seulement un endroit où l’on mange, même si on peut y mettre plein de nourriture ;). Il s’agit de cantines métalliques, des seuls effets personnels dont on (tous les hivernants) pourra disposer durant les 13 mois. L’IPEV nous permet d’emporter 3 cantines de 40 Kg chaque une, la préparation est minutieuse : produits hygiéniques, vêtements, divertissements, décorations, souvenirs, affaires de randonnées, livres techniques, petits remonte morale (biscuits apéro) etc.… Pour les remplir, j’ai eu de l’aide de la part d’amis et de l’actuelle électronicienne, Aurore, que je dois bien remercier !

 

Seul photo des cantines... Je prends ça comme leçon : prendre plus de photos !
Seul photo des cantines… Je prends ça comme une leçon : prendre plus de photos !

Une fois les cantines parties, c’est la formation qui commence, Grenoble, Brest, Strasbourg, Toulouse et Saint Michel l’Observatoire, c’est le voyage avant le voyage. Je sais enfin en quoi va consister ma mission sur place. Je vous en parlerai plus en détail sur place.

Ciao l’ami et à bientôt !

PS : Si tu veux participer à la correction des articles tu es le bienvenu 😛 !