Nivmer, un programme au TOP

Nivmer, un programme au TOP

Et c’est parti pour les articles sur les programmes scientifiques. On commence par le programme Nivmer. Donc Nivmer c’est quoi ? Il faut tout d’abord savoir qu’il y a réparties sur le globe de façon plus ou moins homogène des stations de monitoring du niveau de la mer. Ces stations font parties d’un réseau international. Les données sont utilisées à des fins scientifiques, mais aussi dans le domaine de la sécurité afin de prévenir par exemple de l’arrivée d’un Tsunami. Kerguelen et donc les marégraphes qui y sont installés font parties de ce réseau et le tout est géré ici par un programme qui a pour nom : Nivmer. L’intérêt particulier de la station de Kerguelen est sa position géographique au milieu de l’Océan Indien où très peu de données sont collectées.

De droite à gauche : B17, hall transit, flottille, shelter Nivmer
De droite à gauche : B17, hall transit, flottille, shelter Nivmer

Pression, satellites et tirant d’air

Il existe différentes manières de mesurer une hauteur et nous avons tout un arsenal à Port-aux-Français. Le plus vieux des marégraphes est un marégraphe à pression, il enregistre la pression de la colonne d’eau au-dessus de lui. Plus la marée est haute plus la pression est élevée et en prenant en compte la pression atmosphérique, on peut en déduire la hauteur d’eau. Le deuxième marégraphe permanent est fixé sur le quai de la flottille, il enregistre un tirant d’air via une sorte de radar. Le tirant d’air étant la distance d’air entre la surface de l’eau et le capteur. La hauteur du capteur est connue de façon exacte et référencée à une antenne GPS. Ce qui permet de nouveau de calculer une hauteur d’eau de façon précise.

Le shelter Nivmer où se trouvent les interfaces entre les marégraphes et le réseau informatique
Le shelter Nivmer où se trouvent les interfaces entre les marégraphes et le réseau informatique

La manip TOP

C’est une manip qui a lieu sur base derrière la flottille dans le puits marégraphique. Le principe est assez simple, lire la hauteur d’eau toutes 5 secondes pendant 4 minutes et cela toutes les heures pendant 8 heures. Il y a cependant quelques petits détails qui rendent la chose délicate, il faut faire la mesure autour de l’heure pleine exactement. La manip doit aussi avoir lieu autour d’une marée haute à grand coefficient. Ce qui parfois oblige de commencer ou terminer de nuit à la frontale. Les données sont ensuite comparées aux deux marégraphes permanents et permettent ainsi de vérifier leur fonctionnement correct. Cette mesure manuelle est obligatoire afin que les données des marégraphes puissent être considérées comme fiables, elle atteste de la qualité de la station.

Entretien trimestrielle du puits où se situe l'échelle à marée
Entretien trimestrielle du puits où se situe l’échelle à marée

Session Bouée

Les sessions bouée ont lieu en même temps que les manips TOP. Il s’agit d’une bouée avec trois bras possédant des flotteurs aux extrémités et un récepteur GNSS (Global Navigation Satellite Système) au centre. Le récepteur enregistre les données de position via les satellites du réseau GPS et GLONASS. Ces informations sont combinées afin d’obtenir l’altitude de la bouée qui correspond au niveau de la mer additionné à un léger décalage correspondant à la distance entre l’antenne et la ligne de flottaison. L’avantage de ce système est qu’il peut être déployé ponctuellement n’importe où sur le globe.

D’électronicien à Nivmer, boulot d’un geophy

Alors quel est mon boulot dans tout ça ? Et bien, je veille au bon fonctionnement des instruments des deux marégraphes, je vérifie tous les jours que les données sont bien envoyées et en cas de problème, je suis les yeux et les mains du laboratoire situé en métropole. Je réalise aussi la manip TOP et les sessions bouée tous les mois. Et en cas de modifications ou d’améliorations souhaitées, je peux faire remonter un avis prenant en compte les conditions du terrain. Il s’agit surtout de bon sens et d’un peu de connaissances techniques.

Pourquoi « Geophy » ?

Sur base le nom de mon poste n’est pas électronicien, mais Geophy. C’est une abréviation de géophysique, car le vrai rôle du poste est de s’occuper des instruments qui font des mesures en relation avec la géophysique. L’évolution des outils de mesures nécessite maintenant des connaissances d’électronique et d’informatique afin de garantir leur bon fonctionnement. C’est la raison pour laquelle nous travaillons en binôme avec Alexandre le Geophy informaticien.

A très bientôt pour de nouveaux programmes,

Yoann

 

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